Spasmophilie

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La spasmophilie est un trouble psychologique qui se manifeste chez les personnes anxieuses. Il s’agit d’une appellation typiquement française, absente des manuels diagnostiques internationaux. Dans les pays anglo-saxons, on parle de syndrome d’hyperventilation.

La spasmophilie touche préférentiellement les femmes au tempérament anxieux. Les enfants et adolsecents peuvent également êtres affectés. Il n’est pas rare de retrouver des cas similaires dans la famille.

La spasmophilie se manifeste sous forme de crise soudaine. La crise survient sans crier gare, avec son lot de symptômes variables d’une personne à l’autre : picotements dans les doigts ou autour des lèvres, sensation de malaise, palpitations, sensations de chaleur ou de froid, frissons, tremblements, douleurs, migraine, troubles visuels, respiration trop rapide, etc. La durée de la crise est variable. Contrairement à l’ épilepsie, la crise de spasmophilie n’est pas associée à une perte de connaissance. À moins qu’un malaise vagal ne soit associé. Le plus souvent, la crise est déclenchée par une situation stressante. Mais le patient n’en est pas toujours conscient.

On ne peut parler de spasmophilie qu’une fois les autres diagnostics éliminés (crise d’épilepsie, autre problème neurologique, etc.).

L’existence de ce trouble reste controversée. Certaines écoles théoriques l’assimilent à une attaque de panique (autrement dit une crise d’angoisse), d’autres à une conversion hystérique. Pour certains, la spasmophilie s’explique par un déficit en minéraux ( magnésium, phosphore, calcium).

Spasmophilie : Les causes

Les causes de la spasmophilie sont peu connues. Mais de nombreuses hypothèses ont été évoquées. Certains assimilent la spasmophilie à une crise d’angoisse, ou une attaque de panique, déclenchée par une situation stressante. La tétanie serait expliquée par une alcalose (organisme pas assez acide), elle-même causée par l’hyperventilation due à une respiration trop rapide. Un des moyens de soulager la crise étant d’aider la personne à respirer calmement, ou de la faire respirer dans un sac (en plastique ou en papier) afin d’acidifier l’organisme grâce au CO2 inhalé.

D’autres considèrent la spasmophilie comme une crise d’hystérie, autrement dit une conversion hystérique. Dans ce cas, la crise de spasmophilie serait un moyen détourné d’exprimer une tension intérieure, ou une angoisse interne, qui ne serait pas accessible autrement à la conscience. Ceci serait la cause d’une difficulté à appréhender les situations conflictuelles, internes ou externes.

Les carences en minéraux sont une autre cause de spasmophilie fréquemment évoquée, mais qui n’a jamais été prouvée. Certains professionnels pensent que la spasmophilie est associée à un manque en calcium, en phosphore ou en magnésium.

Il est fréquent de retrouver des antécédents familiaux de spasmophilie dans la famille. Cela ne signifie pas nécessairement la cause génétique de cette pathologie, mais cela fait supposer une éventuelle transmission familiale de cette pathologie. Cela peut passer par les gènes, mais aussi par l’éducation, et par l’identification à certains comportements.

Spasmophilie : Les symptômes

Une crise de spasmophilie peut se manifester sous plusieurs formes plus ou moins associées. Soit c’est une crise typique de spasmophilie dominée par des symptômes musculaires : spasmes, contractures et tétanie (c’est-à-dire une contracture de plusieurs groupes musculaires). Soit la crise est dominée par des symptômes neurovégétatifs avec la sensation d’un coeur qui s’emballe (palpitations), des sueurs, l’impression d’étouffer, une sensation de malaise, etc.

Typiquement, la crise de spasmophilie se présente sous forme de contractures musculaires douloureuses des extrémités des membres, des mains ou/et pieds ou du visage, susceptibles de se généraliser. La crise de spasmophilie survient le plus souvent dans des situations stressantes ou génératrices de tensions.

La personne peut sentir la crise arriver, grâce à des symptômes avant-coureurs : des fourmillements au niveau du visage, au niveau des lèvres, sous le nez, dans les mains et les pieds. Elle sent la crise venir, se met à respirer rapidement, à haleter. Elle s’affole, tremble, son coeur bat vite, peut avoir une boule dans la gorge qui l’étouffe. Une ou les deux mains peuvent se contracturer fortement et prendre la forme de la « main d’accoucheur » les doigts resserrés, un peu pliés, le pouce rentré. La bouche, si elle est touchée par la contracture prend la forme d’un « museau de tanche ».

Spasmophilie : Les traitements

Une crise de spasmophilie peut être spectaculaire et affoler l’entourage. La seule chose à faire est de tranquilliser tout le monde, d’isoler le malade et de lui proposer de respirer calmement.

Si la crise ne cesse pas, il est parfois utile de faire respirer le malade dans un sac en papier ou en plastique éventuellement. Cela permet d’une part au malade de se concentrer sur sa respiration, et d’autre part de diminuer l’hyperventilation qui entretient la tétanie. Attention, ce geste doit être fait en présence de quelqu’un. Si la personne s’évanouit avec le sac sur la tête, elle risque de s’étouffer. Un traitement médicamenteux, à base d’anxiolytiques, peut être indiqué si la crise persiste malgré les conseils cités plus haut.

La spasmophilie n’est pas une maladie grave, les crises n’ont pas de risque vital.

Pour traiter une spasmophilie il est possible de prescrire du magnésium associé à de la vitamine B6, du calcium voire des oligo-éléments mais aucun de ces traitements n’a fait la preuve de son efficacité. Le traitement homéopathique peut également être bénéfique chez la personne souffrant de spasmophilie.

Le traitement psychologique ou médicamenteux d’une dépression ou de troubles anxieux peut aussi soulager un certain nombre de spasmophiles.

Spasmophilie : Sources et notes

– Pélissolo A, Lépine JP. crise d’angoisse aiguë. Orientation diagnostique et conduite à tenir en situation d’ urgence. Revue du Praticien 1998.
– Pelissolo A. Spasmophilie, tétanie et hyperventilation psychogène, Chapitre 2, Conférences Médecins SFMU, Urgences 2003.

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