Hypoglycémie : les signes d’alerte

HypoglycémiePin

Une hypoglycémie se produit lorsque le taux de glucose dans le sang est trop bas.

Le glucose fournit aux organes leur principale source d’énergie et provient de la digestion des sucres contenus dans les aliments (appelés glucides, hydrates de carbone, ou encore carbohydrates). Les desserts, les fruits et les produits céréaliers (riz, pâtes et pains) en sont la source principale.

La concentration de glucose sanguin de l’organisme se maintient normalement approximativement entre 70 mg/dl et 140 mg/dl.
La constance de ces valeurs dans le corps est possible grâce à plusieurs mécanismes hormonaux en cascades.

Physiologie : pour mieux comprendre

Lorsque la glycémie (taux de sucre dans le sang) s’élève, le pancréas répond en libérant de l’insuline pour encourager le transfert de glucose de la circulation sanguine vers l’intérieur des cellules de l’organisme, qui s’en servent ensuite comme carburant.

Entre les repas, le corps doit veiller à ce qu’il y ait suffisamment de glucose en circulation dans le sang afin d’approvisionner en continue les différents organes en source d’énergie.

Le pancréas libère donc l’hormone glucagon, qui donne au foie l’ordre de transformer le glycogène (sucre de réserve) en glucose.

La glycémie est donc contrôlée par plusieurs hormones :
> l’insuline sécrétée après un repas fait baisser la glycémie,
> tandis que le glucagon, l’hormone de croissance, l’adrénaline et le cortisol la font monter.

Toutes ces hormones sont finement ajustées pour que le taux de glucose circulant soit relativement constant, même en situation de jeune.

Les symptômes

Si ces mécanismes ne fonctionnent pas comme ils le devraient, la concentration de glucose sanguin reste trop faible, et le corps produit de l’adrénaline, pouvant occasionner des symptômes semblables à ceux de l’anxiété comme :

  • nervosité,
  • pâleur,
  • sueurs,
  • palpitations,
  • nausées,
  • frissonnements et quelquefois
  • la faim.

Si le cerveau ne peut obtenir suffisamment de glucose, peuvent également apparaître :

  • une faiblesse,
  • des vertiges,
  • de la fatigue,
  • des maux de têtes,
  • des troubles de la concentration.

Hypoglycémie : le diagnostic

Le diagnostic d’une hypoglycémie est généralement aisé dans le contexte du diabète traité par insuline, ou antidiabétiques oraux. En dehors de ce contexte, le diagnostic peut être difficile, et est souvent porté par excès, en particulier deavant des signes non spécifiques.

Le diagnostic d’hypoglycémie repose sur la constatation simultanée de signes cliniques et d’une glycémie basse.

Le niveau seuil de glycémie habituellement retenu pour le diagnostic d’une hypoglycémie en dehors du diabète est de 0,50 g/L (2,8 mmol/L).
Chez le diabétique, la valeur retenue est de 0,60 g/L (3,3 mmol/L).

En cas de diabète, le contexte de survenue doit être recherché : activité physique plus importante, repas plus faible ou saut de repas, erreur dans le traitement, infection, stress,…

En l’absence de diabète : un échantillon de sang permettra de vérifier le taux de glucose sanguin, à jeun dans un premier temps puis si possible au moment des symptômes. Le diagnostic positif est souvent délicat car il est rare d’observer un épisode clinique et de pouvoir simultanément mesurer la glycémie par une méthode fiable (glycémie sur plasma veineux, et non pas glycémie capillaire au doigt).

L’épreuve de jeûne

Lorsqu’il n’a pas été possible d’obtenir chez un patient symptomatique un dosage fiable de la glycémie, il faut envisager une épreuve de jeûne en milieu hospitalier dans un service spécialisé. Il s’agit d’un jeûne total, où seule l’ingestion d’eau et de bouillons légers est autorisée.

Le patient porte un cathéter qui permet les prélèvements et la perfusion immédiate de glucose en cas de symptômes et trouble de conscience.

Le seuil de glycémie habituellement frequis pour arrêter l’épreuve est de 0,40 g/L (2,2 mmol/L).

Hypoglycémie : les causes

L’affirmation d’une origine organique de l’hypoglycémie est difficile du fait du caractère non spécifique des symptômes.

Dans tous les cas, avant d’envisager une épreuve de jeûne, il est capital d’éliminer les causes évidentes d’hypoglycémie que sont :

> Les causes médicamenteuses 

  • Le plus souvent chez les personnes atteintes de diabète (de type 1 ou de type 2) après une trop forte dose d’insuline, ou après la prise d’autres antidiabétiques oraux (qui stimulent la libération de l’insuline pancréatique en trop grande quantité), compte tenu du niveau d’activité et du régime alimentaire.
  • Certains médicaments contre une pression artérielle élevée (par ex. l’aténolol, le métoprolol, le propranolol), certains antidépresseurs (par ex. la phénelzine, la tranylcypromine), la quinine, l’halopéridol et l’association triméthoprime – sulfaméthoxazole peuvent également favoriser les hypoglycémies.

> L’alcool 

L’intoxication alcoolique aigue ou massive, souvent à jeun ou en l’absence de repas, est une cause fréquente.

> L’insuffisance rénale et hépatique sévère

Le foie ne parvient pas à stocker convenablement les glucides, ni à les transformer en glucose.

> Une activité physique prolongée et trop intense

> Un régime amaigrissant hypocalorique trop sévère

Si aucune de ces causes n’est retrouvée :

L’étape du diagnostic étiologique est dominée par la recherche d’un insulinome, cause la plus fréquente des hypoglycémies tumorales de l’adulte, mais rare (<5 cas par million et par an) et habituellement bénigne (la malignité ne peut être affirmée que par la survenue de métastases 10%).

Elle est le plus souvent une tumeur de petite taille (90 % font moins de 2 cm et 30 % moins de 1 cm), ce qui peut poser des problèmes pour la repérer avec les moyens radiologiques disponibles.

L’insulinome donne des épisodes d’hypoglycémie, parfois très épisodiques, chez des adultes souvent jeunes et bien portants. Le diagnostic est ainsi fréquemment retardé, même chez des patients ayant des épisodes réguliers, qui surviennent plus volontiers à jeun, ou à l’effort. La répétition des épisodes peut parfois s’accompagner d’une prise de poids.

Le diagnostic est souvent facile avec l’épreuve de jeûne, l’hypoglycémie survenant dans 99% des cas (dont 70% dans les 24 premières heures) et s’accompagnant d’une concentration mesurable d’insuline et de peptide C (précurseur de l’insuline) sur le bilan sanguin.

L’hypoglycémie peut également être causée par un problème touchant l’hypophyse, ou les glandes surrénales.

L’hypophyse contrôle la production de certaines hormones nécessaires dans le corps pour faire monter un taux de sucre sanguin trop bas. Parmi ces hormones, on retrouve le cortisol et l’adrénaline, libérés par les glandes surrénales et qui ont la propriété d’augmenter un taux de glucose trop faible. Lorsqu’elles sont insuffisantes, une hypoglycémie peut survenir (appelée insuffisance surrénale ou corticotrope).

L’hypoglycémie réactionnelle reste quant à elle un sujet controversé et pourrait être liée à plusieurs facteurs qu’il est parfois difficile de déterminer.

L’hypoglycémie semble survenir après une prise alimentaire, habituellement un repas à teneur élevée en glucides. Son ingestion provoque une montée trop rapide du sucre sanguin qui, dans certains cas, stimule une sécrétion d’insuline excessive.

L’hypoglycémie peut aussi être favorisée après certains types de chirurgie gastrique (sleeve gastrectomie, bypass, …), les sucres étant absorbés plus rapidement et provoquant un pic d’insuline précoce.

Hypoglycémie : les traitements

Le traitement du symptôme :

En cas d’hypoglycémie avérée, l’ingestion d’une dose de 15 g de glucides, soit 3 morceaux de sucre, soulage les symptômes d’hypoglycémie en quelques minutes. Il est possible d’avoir recours à des jus de fruits (15cl) en l’absence de sucre à disposition.

En cas de troubles de la conscience chez une personne diabétique ne pouvant se resucrer, une injection sous la peau ou dans le muscle de glucagon (Glucagen®) dont l’action s’oppose à celle de l’insuline et augmente la glycémie, sera faite.

Si la personne est dans le coma, le glucose lui sera administré par voie intraveineuse. Dans tous les cas, le traitement antidiabétique devra être réévalué par un médecin.

Le traitement de la cause :

  • Ablation chirurgicale de la tumeur en cas d’insulinome,
  • Changement de traitement, etc.

Pour le reste, de nombreuses hypoglycémies peuvent être prévenus grâce à l’adoption d’un mode de vie équilibré, reposant sur :
– une alimentation variée,
– une bonne gestion du stress,
– la pratique régulière d’exercice physique.

Ces mesures ont également l’avantage d’améliorer la santé de manière globale :

  • Prendre 3 repas par jour à des heures régulières
  • Prendre une collation entre les repas (1 laitage par exemple)
  • Limiter la consommation d’aliments riches en sucres concentrés ou « rapides » : sodas, gâteaux et biscuits du commerce, crème glacée, confitures, fruits séchés (seuls), etc.
  • Manger suffisamment de fibres alimentaires (légumes cuits ou crus)
  • Éviter de boire de l’alcool sans manger
  • Limiter le café et les autres boissons qui contiennent de la caféine
  • Exercice physique régulier et modéré (en évitant les exercices violents ou trop intenses)
  • Une bonne gestion du stress (exercices de relaxation, respiration profonde, réveil musculaire progressif, etc…)

La majorité des hypoglycémies dite « fonctionnelles » se soignent par une réorganisation de l’alimentation. Une consultation avec un nutritionniste ou une diététicienne peut être utile.

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