Herpès génital 

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Eruptions cutanées, brûlures, démangeaisons… Les crises d’herpès génital peuvent se révéler particulièrement désagréables, voire très douloureuses.

L’herpès est une maladie virale contagieuse qui peut toucher la peau ou les muqueuses. C’est en général une maladie bénigne sauf chez des personnes immunodéprimées, chez les nouveau-nés et les femmes enceintes.

C’est une maladie fréquente, elle est contractée souvent au début de l’activité sexuelle des jeunes personnes. Première idée reçue à combattre : l’herpès génital est loin d’être une maladie rare : elle toucherait environ un Français sur cinq.

L’herpès génital est une maladie sexuellement transmissible, qui touche les organes sexuels : pénis, testicules, vulve, vagin, col de l’utérus, mais peut aussi se développer sur les cuisses et les fesses, le périnée et la région anale.

La contamination se fait par contact direct avec des lésions herpétiques ou des secrétions génitales contaminées. Si un partenaire présente des lésions herpétiques externes le seul contact avec les lésions herpétiques est contaminant et les préservatifs ne protègent pas.

La contamination se fait le plus souvent lors d’un rapport sexuel avec une personne porteuse du virus et présentant une lésion herpétique ou non mais porteuse du virus tout de même. Ceci explique que toute personne présentant ou ayant présenté une lésion herpétique génitale a intérêt à avertir son partenaire et utiliser des préservatifs.

Herpès génital : les causes

La cause de l’herpès génital est la contraction du Herpès Simplex Virus, dont le type HSV 2 est plus souvent responsable de l’herpès génital. Le type HSV 1 est, lui, plus volontiers localisé au niveau du visage et des lèvres.

Ceux-ci se transmettent pendant les rapports sexuels mais aussi lors de contacts uro-génitaux, entre la bouche et le sexe.

Chez la femme, la vulve, le vagin, le col de l’utérus et la zone péri-anale peuvent être touchées.

Chez l’homme, l’infection peut se manifester au niveau du pénis et de la région péri-anale.

L’herpès génital est une MST (maladie sexuellement transmissible, très fréquente, pas grave en général sauf chez la femme enceinte qui peut la transmettre à son bébé et aussi chez les personnes fragiles ou immunodéprimées (herpès du nouveau-né).

Parmi les principaux facteurs de risque de l’herpès génital, il y a le fait d’avoir des rapports sexuels non protégés.

Si l’utilisation du préservatif n’exclut pas complètement les risques de contamination – puisque les lésions d’herpès peuvent se retrouver aussi sur des parties du corps non recouvertes par le préservatif – il les limite considérablement.

Les possibilités de contracter la maladie augmentent chez les personnes qui ont plusieurs partenaires sexuels, ou qui ont un partenaire sexuel ayant plusieurs partenaires sexuels.

L’herpès du nouveau-né

L’herpès néonatal est grave. Un nouveau-né peut en effet être contaminé par le virus de l’herpès, qu’il soit labial ou génital. Il peut être contaminé à cause de sa mère, pendant la grossesse, par passage du virus surtout au moment de l’accouchement, ou après la naissance par la mère elle-même ou par une autre personne.

Si une maman, lors de l’accouchement, présente des lésions génitales herpétiques, son bébé risque d’être contaminé par contact direct avec les sécrétions génitales infectées au moment de la naissance. C’est très rare mais cela peut être à l’origine de lésions cérébrales chez le nourrisson. Pour l’éviter, une césarienne pourra être pratiquée (lire l’interview du gynécologue).

Herpès génital : les symptômes

Dans plus de la moitié des cas, l’infection herpès génital restera silencieuse et vous ne présenterez aucun symptôme, ce qui explique sans doute pourquoi la fréquence et la transmission de l’infection est si importante.

Si on ne sait pas qu’on est porteur du virus, on ne pense pas forcément à se protéger pour éviter la contamination.

Mais pour les moins chanceux, les manifestations sont souvent douloureuses, en particulier lors de la première crise.

L’éruption herpétique se présente sous la forme de petites vésicules parfois réunies en bouquet, douloureuses au niveau de la peau ou des muqueuses. Cette éruption est récurrente, c’est-à-dire qu’elle apparaît périodiquement parfois plusieurs fois par an et peut altérer la qualité de vie.

L’infection se manifeste :

  • chez l’homme par des lésions au niveau du gland et de l’urètre ou de la région anale et
  • chez la femme par une atteinte de la vulve, du vagin, de l’urètre, de la région anale ou du col de l’utérus.

Les lésions commencent par des démangeaisons ou des brûlures, des picotements. Puis la lésion rougit, des petites cloques remplies d’un liquide translucide apparaissent, éclatent et sèchent en formant des croûtes. Les lésions sont douloureuses, elles disparaissent en une semaine environ ; la cicatrisation est parfois plus longue.

Quelquefois la primo-infection, c’est-à-dire la première poussée herpétique à l’occasion du premier contact avec le virus de l’herpès, est sévère : elle peut être accompagnées de symptômes comme de la fièvre, d’un malaise, d’adénopathies voire de troubles urinaires avec des difficultés pour uriner. Rarement, une hospitalisation est nécessaire.

Mais souvent, la primo-infection herpétique génitale est asymptomatique ou s’accompagne de lésions modérées. La crise guérit spontanément au bout de 8 à 10 jours.

Herpès génital : les récidives

La première crise de herpès est le plus souvent suivie de récidives. Notamment lors de périodes où nos défenses immunitaires sont affaiblies (stress, maladie, etc.).

Mais là encore, nous ne sommes pas tous égaux devant l’herpès. La fréquence des épisodes varie considérablement d’un sujet à l’autre. Certains n’auront qu’une ou deux récidives au cours de leur vie, tandis que d’autres multiplieront les crises (jusqu’à 5 ou 6 par an).

Heureusement, celles-ci s’avèrent souvent moins intenses que la première et, en général, leur fréquence diminue avec le temps.

Le diagnostic

Mieux vaut consulter son médecin traitant dès les premiers symptômes. Il pourra alors facilement effectuer le diagnostic d’herpès grâce à un examen clinique et traiter en conséquence.

Si vous attendez trop longtemps, les vésicules peuvent disparaître. Résultat, le médecin pourra éventuellement diagnostiquer la maladie en vous posant des questions. Or l’évocation des symptômes est parfois insuffisante car d’autres infections génitales, comme les mycoses, peuvent être suspectées.

Ce n’est pas systématique, mais le médecin peut prescrire un prélèvement microbiologique dans un laboratoire d’analyses afin de confirmer le diagnostic. Il pourra ensuite prescrire un traitement…

A noter que l’herpès génital favorise le risque de contamination par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine).

Herpès génital : les traitements

Malheureusement, il n’existe pas encore de traitement capable de guérir l’herpès génital. Mais, pas de panique, on peut traiter les symptômes de la maladie, par des médicaments qui accélèreront la cicatrisation et diminueront la durée de la contagiosité des lésions. Mais l’herpès ne disparaîtra pas.

De plus, il n’existe pas de vaccin. En clair, une fois infecté, on reste porteur du virus toute sa vie.

– Les antiviraux pendant les crises…

Pour traiter un herpès, le médecin traitant peut prescrire des antiviraux (aciclovir…) sous forme de comprimés. Le traitement dure généralement cinq jours. Ces médicaments sont particulièrement efficaces pour réduire l’intensité et la durée des symptômes de l’herpès génital.

– … ou au long cours

Pour les patients qui présentent plusieurs épisodes annuels de récidives, un traitement antiviral de long cours est possible pour espacer les crises. En général, ils devront prendre un comprimé par jour pendant six à douze mois.

– Les anti-inflammatoires

Si la crise d’herpès est particulièrement sévère et accompagnée de fièvre, on pourra avoir recours aux antalgiques et aux anti-inflammatoires non-stéroïdiens. Certaines femmes sont dans l’incapacité d’uriner à cause des douleurs provoquées par la miction. Une hospitalisation est alors envisageable pour traiter leur douleur et mettre une sonde urinaire.

Herpès génital : la prévention

Comment peut-on prévenir la contamination par le virus de l’herpès ?

Quand une personne est infectée par le virus de l’herpès, il faut en parler avec son partenaire ; ce n’est pas une maladie grave mais quelquefois elle est gênante et peut altérer la qualité de vie. En tous cas, les femmes enceintes doivent faire attention et signaler à leur médecin toute lésion de la sphère génitale pendant cette période.

L’utilisation des préservatifs est recommandée quand un partenaire sexuel présente un herpès génital même en dehors des crises. Il est conseillé d’éviter les rapports sexuels, même sans pénétration lors d’une poussée herpétique, d’autant que ces rapports sont parfois douloureux.

Il faut savoir que la présence de lésions cutanées ou muqueuses au niveau des parties génitales augmente le risque de contamination par le virus du SIDA (VIH). En effet, la pénétration de ce virus dans l’organisme est facilitée par la présence d’une plaie. Les rapports sexuels protégés sont le seul moyen de prévention contre le VIH.

La contamination est plus importante pendant les périodes de poussée herpétique et il est fortement recommandé d’utiliser des préservatifs.

Au moment des poussées d’herpès : il est conseillé de se laver les mains régulièrement en particulier quand elles ont été en contact avec les lésions, il faut éviter de se toucher les yeux ou ne pas mouiller ses lentilles avec la salive, ne pas partager son linge de toilette avec son entourage.

Herpès génital : les conseils pratiques

Voici quelques conseils pratiques pour prévenir et se protéger de l’herpès génital.

Se protéger

Le préservatif n’est pas fiable à 100 % pour protéger de l’herpès génital, mais cela reste une solution à privilégier si vous n’avez pas de partenaire stable. Et surtout, il protège des autres infections sexuellement transmissibles !

Une seule serviette

Pour éviter les contaminations entre membres de la même famille, chacun doit disposer de son propre linge de bain.

Pas de rapport pendant les crises

Lors des épisodes de récidives, on est particulièrement contagieux. Mieux vaut donc éviter les relations sexuelles pendant quelques jours.

Se soulager dans l’eau

Pas très glamour certes mais pour apaiser les douleurs au moment de la miction, il n’y a qu’une seule solution : on conseille d’uriner directement dans l’eau.

Eviter les crèmes

Les traitements locaux à base d’antiviraux ne sont pas efficaces. En outre, ils ont parfois tendance à retarder la cicatrisation des lésions.

Les conseils du médecin spécialiste

Interview du Pr Philippe Judlin, chef du pôle gynécologie obstétrique de la maternité régionale de Nancy.

Existe-t-il des facteurs de risque susceptibles de favoriser le développement d’un herpès génital ?

Souvent les patients culpabilisent, ils se sentent sales. Mais cette maladie peut toucher tout le monde, hommes ou femmes, jeunes ou plus âgés, quel que soit leur milieu. Contrairement au papillomavirus (responsable du cancer du col de l’utérus) qu’on attrape plus facilement au début de sa vie sexuelle, on peut être infecté par l’herpès à n’importe quel moment. Le seul facteur de risque, c’est le nombre de partenaires totaux qu’on aura dans sa vie. Car plus on aura de rapports sexuels non protégés avec des partenaires différents, plus on aura de risques d’être infecté.

Quels sont les risques de contaminer son enfant pendant la grossesse ?

Pendant les neuf mois que dure la grossesse, il n’y a quasiment aucun risque. La contamination se fait au moment de l’accouchement. Mais c’est loin d’être systématique. Pour ce faire, il faut que la mère souffre d’une première infection quelques jours seulement avant l’accouchement (une opération par césarienne peut être alors envisagée). S’il s’agit d’une récidive, le risque est moindre. Et si la mère présente une crise au cours de la grossesse, elle pourra être traitée par antiviraux. Une fois que l’enfant est né, il faut éviter qu’une personne atteinte d’herpès buccal embrasse le nourrisson.

Témoignage d’Isabelle, 29 ans.

« Lorsque j’ai vécu ma première crise, j’avais tellement mal que j’ai dû aller aux Urgences. Quand j’ai su qu’il s’agissait d’un herpès génital, je me suis sentie sale, comme souillée. Et surtout, j’ai tout de suite pensé que mon petit ami, avec qui j’étais depuis plusieurs mois, me l’avait transmis. Je l’ai accusé de m’avoir trompé. Il avait beau m’assurer que ce n’était pas le cas, je ne pouvais m’empêcher de le soupçonner… jusqu’au jour où j’ai consulté un médecin qui m’a expliqué que le virus avait pu rester silencieux pendant des années.

Malgré tout, même rassurée, je suis restée bloquée. Le souvenir de la douleur m’a empêchée d’avoir des rapports sexuels pendant plusieurs semaines ».

Herpès génital : sources et notes

Recrudescence des maladies sexuellement transmissibles, Académie nationale de médecine. Jacques Bazex, 2003.

Prévenir la transmission de l’herpès génital une question de négociation !, Le Médecin du Québec, volume 41, numéro 1, janvier 2006.

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