Epilepsie

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L’épilepsie est un mal décrit depuis des milliers d’années. Avec ses multiples facettes, cette maladie neurologique a « fasciné » les hommes depuis l’antiquité. Pour la petite histoire, on croyait autrefois que les malades épileptiques étaient habités par le diable. Heureusement, cela a changé !

L’épilepsie est due à une activité anormale, excessive, et temporaire des circuits électriques dans le cerveau. Ceci peut être dû à des causes organiques comme une tumeur localisée dans le cerveau, un accident vasculaire cérébral (AVC), des troubles métaboliques, de la fièvre… Mais bien souvent, aucune cause spécifique n’est retrouvée. Dans ce cas on parle d’épilepsie idiopathique.

Il faut bien faire la différence entre l’épilepsie et la crise d’épilepsie. En effet, être qualifié de malade épileptique implique d’avoir fait plusieurs crises d’épilepsie. Aussi, pour être plus exact, on devrait parler d’épilepsies au pluriel. Car le mécanisme et la palette d’expression de la maladie diffèrent fortement d’une cause, ou d’une personne, à l’autre. Il s’agit d’une maladie courante, souvent dissimulée. En France, on estime qu’environ 500 000 personnes souffrent d’épilepsie.

Les traitements antiépileptiques sont souvent efficaces pour espacer ou supprimer les crises. Mais ceux-ci doivent être pris très régulièrement, le plus souvent sur plusieurs mois voire plusieurs années. L’arrêt n’est possible que de façon très progressive et sous surveillance.

Quant à la gravité de l’épilepsie, elle est très variable, et dépend de la cause, qui sous-tend elle-même les possibilités thérapeutiques.

Epilepsie : les causes

La crise d’épilepsie résulte d’une activité excessive et anormale d’une population de neurones, plus ou moins étendue, située dans le cerveau. Sur un temps le plus souvent très court, les neurones affectés s’activent d’un seul coup tous en même temps, et provoquent une sorte de décharge électrique.

Les causes de cette hyperexcitabilité synchrone sont différentes d’une épilepsie à l’autre, mais aboutissent au même résultat : la crise d’épilepsie. En fonction de la localisation de la décharge épileptique, les symptômes de la crise seront différents.

L’épilepsie est une affection complexe aux causes très diverses. Lorsqu’une cause est bien identifiée, on parle d’épilepsie symptomatique.

L’épilepsie peut être due à :

  • une prise de toxiques,
  • une tumeur cérébrale,
  • un accident vasculaire cérébral (AVC),
  • une infection cérébrale,
  • une malformation cérébrale,
  • un traumatisme crânien, etc.

L’expression de l’épilepsie sera alors différente en fonction de la cause.

Lorsque la cause n’est pas identifiée, on parle d’épilepsie idiopathique. Celle-ci associe des causes génétiques et environnementales.

Il n’existe pas un gène de l’épilepsie, mais plusieurs variations génétiques qui peuvent expliquer une prédisposition à la maladie.

Comme toutes les maladies multifactorielles, l’expression des gènes serait influencée par des facteurs environnementaux, comme :

  • certains aspects du mode de vie : tabac, manque de sommeil, stress, manque de calcium ou de sucre dans le sang, etc.),
  • certaines affections (paludisme, atteintes cérébrales, trouble cardio-vasculaire, etc.).

Toute une batterie d’examens complémentaires est mise en route : d’abord un électroencéphalogramme (EEG) pour confirmer le diagnostic d’épilepsie, puis un scanner, voire une IRM (imagerie à résonance magnétique) pour rechercher la cause.

Epilepsie : Les symptômes

Les symptômes de la crise d’épilepsie sont très variables. Il existe plusieurs types de crises : les crises généralisées qui concernent toute la région du cerveau, et les crises partielles qui résultent d’une décharge localisée à une région du cerveau.

1 – La grande crise tonico-clonique

La crise d’épilepsie tonico-clonique est une crise généralisée. C’est la plus impressionnante qui soit. Elle se traduit par des convulsions généralisées sur tout le corps. Les convulsions se présentent sous la forme de mouvements saccadés bilatéraux et symétriques. La crise d’épilepsie est une manifestation parfois assez spectaculaire, qu’on appelle aussi encore “grand mal”. Elle peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes.
Le malade peut se mordre la langue, s’uriner dessus, perdre connaissance, arrêter de respirer et devenir tout bleu.

2 – Les absences

Les absences sont des crises généralisées beaucoup moins spectaculaires qui peuvent facilement passer inaperçues. Le seul symptôme étant une perte intermittente de l’attention. D’un seul coup, le malade suspend son activité pendant quelques secondes. Lorsqu’elle survient chez l’enfant, à l’école, les instituteurs ont l’impression qu’il est dans les nuages. On appelle cette crise « petit mal ». Elle est de bon pronostic.

3 – Les crises partielles

Les symptômes des crises partielles dépendent de la région cérébrale touchée par la décharge épileptique. Leur expression est donc très diverse : secousses motrices, gestes répétitifs, hallucinations (visions, odeur, sons, goût bizarre, etc.), sensation de déjà vu, fourmillements ou picotements, etc. Les symptômes sont aussi variables que le cerveau a de fonctions !

Epilepsie : les traitements

Une crise d’épilepsie n’est pas grave en soi. Mais elle peut le devenir, d’une part si elle se répète ou se prolonge, d’autre part si le contexte de la crise est dangereux.

Dans la crise tonico-clonique par exemple, le malade peut se faire très mal en chutant ou en se cognant, ou en provoquant un accident (de voiture, par exemple). Il importe donc de le protéger d’un environnement dangereux.

Étant donné la variabilité des causes de l’épilepsie, les traitements varient en fonction de celle-ci. Lorsque la cause a été traitée, ou que celle-ci n’est pas connue, le traitement repose sur un ou plusieurs anti-épileptiques.

Les anti-épileptiques sont des médicaments diminuent l’hyperactivité électrique du cerveau. Leur prescription doit se faire au cas par cas, car leur efficacité est variable d’une épilepsie à l’autre.

Les malades doivent suivent correctement les traitements médicamenteux. En général, on commence par un seul médicament anti-épileptique dont il faut atteindre progressivement les doses optimales.

Il est par ailleurs fortement conseillé d’avoir une vie saine, en particulier un sommeil régulier, et de ne pas boire d’ alcool.

Attention ! Au moment de l’arrêt du médicament (si et seulement si le médecin l’indique), il faudra veiller à diminuer très progressivement les doses. C’est très important, car le risque de « rebond » avec reprise des crises d’épilepsie existe.

Les personnes épileptiques traitées voient leur maladie se stabiliser et ont une vie tout à fait normale : les enfants suivent un parcours scolaire classique, les adultes travaillent normalement et peuvent faire pratiquement tous les métiers.

De nombreux enfants épileptiques guérissent et ne font plus de crises à l’âge adulte.

De nombreuses études sont en cours. Tant pour trouver des nouveaux traitements que pour comprendre les causes de cette maladie.

Epilepsie : les conseils

1 – Que faire face à une crise d’épilepsie ?

Face à une crise d’épilepsie, ne faites aucun geste particulier, veillez simplement que la personne ne se fasse pas mal en tombant ou qu’elle ne se cogne pas la tête… Le meilleur conseil est de faire le le vide autour d’elle et de placer éventuellement un coussin sous sa tête. Et de rester avec elle le temps qu’elle recouvre ses esprits.

Si la crise dure trop longtemps, il est préférable d’appeler un médecin ou une équipe de secours. Aussi, il n’est pas conseillé de mettre un bout de tissu dans la bouche de la personne, car on risque de se faire mordre les doigts.

L’école qui reçoit un enfant épileptique doit être au courant de sa pathologie. Le personnel éducatif sera plus à même de gérer une éventuelle crise que d’être mis devant le fait accompli si par hasard une crise survenait en plein cours.

2 – À éviter

Voici une liste de précautions non exhaustive, des activités potentiellement dangereuses en cas de crise :

  • la natation : il faut qu’une personne épileptique soit personnellement surveillée.
  • l’escalade est interdite.
  • le travail sur les échafaudages est aussi interdit.
  • la conduite automobile est possible si le malade a un traitement qui stabilise la maladie et si le malade se connaît bien. C’est-à-dire s’il sent les prodromes d’une crise (les signes annonciateurs d’une crise). Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin.
  • la télévision et les jeux vidéos, en cas de crise provoquée par des éclairs, des flashs, une succession d’images… Les images filmées à une certaine fréquence, clignotantes peuvent induire des crises convulsives ou équivalent (avec malaise) chez des personnes sensibles.

Aussi les constructeurs de jeux vidéos sont obligés de mettre un avertissement sur le mode d’emploi. La télévision est moins concernée, car les directeurs de chaînes de télévision visualisent tous les dessins animés avant diffusion et retirent tous ceux qui ont des images avec des stimulations lumineuses trop fortes.

Epilepsie : Les convulsions hyperthermiques de l’enfant

Il arrive que des bébés et des enfants petits fassent des convulsions à l’occasion d’une poussée de fièvre supérieure à 39° C. Dans ce cas, il faut les hospitaliser à la première crise convulsive pour rechercher une cause éventuelle autre que la fièvre.
Elles ne sont pas graves, mais si elles durent moins de quelques minutes. Si elle se prolonge, le cerveau risque de souffrir.

Les enfants qui ont fait une crise convulsive hyperthermique ont tendance à récidiver une fois ou deux dans leur enfance au moment des grosses poussées de fièvre. Il faut prévenir les variations brutales de température en donnant des antipyrétiques (médicaments contre la fièvre) dès que l’enfant a de la fièvre.

Il faut découvrir l’enfant, le mettre dans une pièce à 18-20° C.
Si l’enfant convulse malgré les antipyrétiques, le médecin pourra conseiller un anticonvulsivant tel que le Valium en intra-rectal. A n’effectuer que sur avis d’un médecin !

Sources et notes

– Fédération pour la recherche sur le cerveau, www.frc.asso.fr (2014).
– Inserm, Épilepsie, Dossier réalisé en collaboration avec Patrick Chauvel, unité Inserm 1106 “Institut de neurosciences des systèmes” – Octobre 2012.
– P.-J. Le Reste, A. Biraben, Étiologies des épilepsies, EMC Neurologie, 2011.

Auteurs : Dr Ada Picard, Dr MC Bonduelle et Dr Nicolas Evrard.

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