Epididymite

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Infection très courante de l’appareil génital masculin, l’épididymite se traduit par une inflammation du canal qui conduit le sperme. Très gênante et douloureuse, cette maladie est souvent bénigne, à condition d’être prise à temps. Elle peut s’accompagner de fièvre.

Une épididymite est une inflammation de l’épididyme. Cette région, située au sommet du testicule, récolte le flux testiculaire (et donc les spermatozoïdes) produit par les testicules.

Cet organe contient un long tube (le canal épididymaire), qui, pelotonné sur lui-même, mesure plusieurs mètres de long. Outre le transport des spermatozoïdes, ce conduit leur permet de devenir matures afin qu’ils deviennent fécondants.

L’épididymite touche généralement des hommes pubères ayant commencé à avoir une activité sexuelle, mais peut également concerner des hommes plus âgés, atteints d’une pathologie prostatique.

On distingue l’épididymite chronique (douleurs au moment de l’éjaculation ou dans des situations stressantes) de l’épididymite aiguë, où la douleur liée à l’inflammation est très soutenue.

Assez souvent une épididymite est associée à une infection du testicule, ce qui correspond à une orchite. On parle alors d’orchi-épididymite. Et assez souvent, quand on parle d’orchite, le problème vient d’une infection de l’épididyme.

En cas de douleur importante au niveau testiculaire, le médecin doit bien examiner le patient pour ne pas confondre une épididymite avec une torsion du testicule qui doit être prise en charge en urgence…

Epididymite : Les causes

La plupart des épididymites surviennent en raison d’infections rétrogrades. Autrement dit, les germes responsables remontent en sens inverse du sperme, de l’urètre vers les épididymes.

Il existe deux formes d’épididymite : la forme du sujet jeune, et celle du sujet âgé. En fonction de l’âge du sujet, deux causes différentes peuvent être invoquées.

1 – L’épididymite du sujet jeune
La plus souvent, la cause est vénérienne, c’est-à-dire contractée par voie sexuelle. Elle est souvent associée à une urétrite (inflammation de l’urètre) ou à une prostatite.
La bactérie en cause est un germe sexuellement transmissible : Chlamydiæ la plupart du temps, ou Neisseiria gonorrheæ (le gonocoque).

2 – L’épididymite du sujet âgé
Celle-ci est d’origine urinaire. Le germe est celui des infections urogénitales. Il s’agit dans 75 % des cas de l’ Escherichia coli, une bactérie intestinale très commune, plus connue sous le nom de colibacille ou E. coli. Ce germe va passer du digestif à l’urinaire, par voie sanguine. Les atteintes par le proteus, l’entérocoque ou le staphylocoque sont plus rares.

Cette forme d’épididymite est en général secondaire à une autre pathologie de la voie urinaire : adénome prostatique, prostatite chronique, etc. Parfois, une manoeuvre instrumentale, comme la pose d’une sonde urinaire peut être en cause dans cette forme d’épididymite.

Epididymite : Les symptômes

En cas d’épididymite, il peut se produire différents symptômes.
Parmi les symptômes locaux, on observe une tuméfaction de la bourse, qui augmente de volume. Plus précisément, l’infection peut se manifester sous la forme d’un nodule dur et douloureux au sommet du testicule. Ce dernier est très sensible et peut occasionner une douleur très vive qui remonte le long du cordon testiculaire.

D’autres symptômes peuvent être observés, comme la survenue d’une fièvre, par exemple. Elle est brusque ou progressive, et d’intensité variable.

Si l’épididymite est associée à une urétrite (c’est-à-dire une inflammation de l’urètre, le canal qui libère l’ urine et le sperme), d’autres symptômes peuvent être associés : un écoulement purulent à l’urètre, la sensation de brûlure en urinant, etc.

Il faut être attentif également aux symptômes évocateurs d’une complication. Celles qui sont à craindre sont l’ ischémie testiculaire (baisse de l’apport sanguin au testicule), la formation d’un abcès ou encore l’infertilité.

Si l’une des bourses devient très sensible et double de volume, il faut demander une consultation en urgence à votre médecin généraliste.

L’examen clinique par le médecin permettra le plus souvent d’établir le diagnostic. Cependant, des examens complémentaires seront le plus souvent demandés. L’échographie, un doppler et l’examen cytobactériologique (ECBU) des urines en premier lieu.

Epididymite : Les traitements

Avant de prescrire un traitement, le médecin pourra demander une échographie, afin de confirmer le diagnostic. Cela permet de voir l’épididyme enflammé et de rechercher une éventuelle atteinte testiculaire en vérifiant sa vascularisation. Dans certains cas, le diagnostic d’épididymite peut s’avérer difficile. En effet, les symptômes cliniques peuvent faire penser à une torsion du cordon spermatique qui doit systématiquement être évoquée devant toute pathologie aiguë des bourses. Cette suspicion peut conduire à une exploration chirurgicale en urgence, notamment lorsque les signes infectieux sont mineurs.

Dans tous les cas, pour lutter contre cette épididymite, le médecin vous prescrira un examen cytobactériologique des urines (une analyse d’urine). Les résultats de cet examen permettront d’identifier le germe responsable, ainsi que l’antibiogramme pour définir le profil de résistance du germe aux antibiotiques, et donc choisir l’antibiotique adéquat.

Pour une épididymite, il faut compter de deux à trois semaines de traitement antibiotique pour faire diminuer l’inflammation. Pendant ce temps, si la douleur est trop forte, un suspensoir pourra la soulager momentanément. Un suivi médical attentif reste nécessaire afin de rester vigilant sur l’évolution de l’Infection et prévenir les risques d’abcès épididymaire et de fistulisation.

Après l’épisode infectieux, une exploration urologique sera nécessaire pour prévenir tout risque de récidive en recherchant notamment un obstacle prostatique ou urétral, et pour rechercher, si besoin, un obstacle épididymaire résiduel pouvant compromettre la fertilité.

Mon médecin veut commencer le traitement sans attendre les résultats des examens. Est-ce normal ?

Oui, en attendant les résultats (24 à 48 heures), votre médecin prescrit une antibiothérapie dite « probabiliste ». C’est-à-dire qu’il prescrit un traitement antibiotique qui correspond au médicament admis pour être efficace dans une situation où la nature du micro-organisme responsable de l’infection n’est pas encore connue. Il ne s’agit pas d’une prescription à l’aveuglette ! Une fois que votre médecin recevra les résultats de vos examens, il corrigera la prescription antibiotique, le cas échéant.

Epididymite : Sources et notes

– Cognat M., et al. Prélèvement de spermatozoïdes épididymaires: techniques et applications. Contracept Fertil Sex. 1991.
– Bustillo M. et al Pregnancy following insémination with spemm aspiratod direcily from the vas deferens. Fenil. Steril. 1986.

Auteur : Charles Brumauld des Houlières et Dr Ada Picard.
Consultant expert : Nicolas Thiounn, médecin urologue et professeur d’urologie à l’Hôpital Européen Georges Pompidou (Paris).

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