Embolie pulmonaire

embolie pulmonairePin

L’embolie pulmonaire est une occlusion d’une artère pulmonaire par un caillot de sang : elle peut être minime quand c’est une petite ramification d’une artère qui est touchée, elle peut être grave quand le caillot obstrue une grosse artère.

Les symptômes de l’embolie pulmonaire sont souvent importants, avec une difficulté à respirer et une douleur thoracique.

Très souvent, l’embolie pulmonaire est secondaire à une phlébite des membres inférieurs. Que se passe-t-il au juste ? Un caillot (ou une partie de celui-ci) dans une veine, responsable de la phlébite, se détache et va se coincer dans une artère pulmonaire. On dit que ce caillot qui a migré est un embole.

En fonction de la taille de cet embole et de l’artère pulmonaire touchée, les conséquences peuvent être plus ou moins graves… D’ailleurs quand un patient souffre d’une phlébite, il est traité rapidement pour éviter que les choses ne se compliquent et qu’une embolie pulmonaire ne survienne. Car celle-ci peut être gravissime.

Il est nécessaire d’hospitaliser le patient pour que des examens soient réalisés, et être soigné dans les meilleures conditions.

Il s’agit d’une urgence médicale, le patient devant être pris en charge rapidement pour effectuer le diagnostic et le soigner.

Embolie pulmonaire : les causes

L’embolie pulmonaire est, dans la majorité des cas, secondaire à une thrombophlébite veineuse, le plus souvent des membres inférieurs (occlusion d’une veine par un caillot).

L’insuffisance veineuse, l’immobilisation prolongée (un alitement, une jambe dans le plâtre…), une intervention chirurgicale peuvent être responsables d’une phlébite. il est aussi connu que les longs voyages en avion, mais aussi en train ou en voiture, sont aussi responsables de thrombophlébites à cause de la position assise, l’immobilité… favorisent la formation de caillots.

Mais il existe encore d’autres causes ou facteurs favorisants à la formation d’un caillot dans une veine :

  • une maladie de la coagulation du sang,
  • un cancer,
  • des médicaments (pilule), etc.

La cause d’une embolie pulmonaire est donc le plus souvent la formation d’un caillot (ou plus précisément d’un thrombus) dans une veine de la jambe, constituant alors une phlébite.

Le caillot (ou une partie du caillot) se détache et migre dans la circulation sanguine pour venir se bloquer dans une artère pulmonaire. Résultat : le sang dans les poumons circule mal, surtout là où s’est produit cette obstruction. L’oxygénation du sang au niveau pulmonaire se fait mal, le patient est essoufflé. Et la circulation sanguine dans les poumons étant perturbée, la coeur peine et souffre à faire circuler le sang dans les poumons.

Nota bene : la maladie peut évoluer vers une insuffisance cardiaque et respiratoire chronique.

Les récidives sont possibles si le foyer emboligène (la thrombophlébite) n’est pas traité efficacement.

Embolie pulmonaire : les symptômes

L’embolie pulmonaire se manifeste généralement par les symptômes suivants :

  • une douleur thoracique (parfois de type angineuse, c’est-à-dire qu’elle ressemble à une douleur d’angine de poitrine),
  • une dyspnée, c’est-à-dire une respiration anormale et difficile ; en effet, comme une partie du poumon n’est plus fonctionnelle, le reste doit compenser l’insuffisance respiratoire et le malade respire plus vite ;
  • souvent le bout des doigts, le nez, les oreilles sont bleutés (cyanosés) parce que le sang est pauvre en oxygène.
  • autres symptômes : parfois le patient a un peu de fièvre, des sueurs.

Mais il arrive aussi que les signes soient plus discrets… ce qui n’enlève rien à la dangerosité du mal ! D’où la nécessité d’effectuer le diagnostic !

Le médecin constatera une tachycardie c’est-à-dire une accélération du rythme cardiaque et la tension artérielle est souvent assez basse.

L’électrocardiogramme (ECG) ne montre pas de signe très caractéristique, une comparaison avec un précédent ECG peut apporter des éléments diagnostiques.

Une embolie pulmonaire peut évoluer vers l’insuffisance cardiaque droite, puis une insuffisance cardiaque globale, en effet, le coeur doit lutter contre l’obstacle (le caillot) en aval ; plus le caillot dans l’artère pulmonaire est important, plus l’insuffisance cardiaque sera importante et rapide. Si cet obstacle n’est pas enlevé, le décès est possible…

En cas de suspicion d’embolie pulmonaire, une hospitalisation est obligatoire.

Il faut hospitaliser le malade pour confirmer le diagnostic par des examens complémentaires (gaz du sang, scanner, échographie cardiaque…), mettre en place une surveillance intensive pour éviter au mieux les complications et mettre en route le plus rapidement possible un traitement anticoagulant.

Les gaz du sang montrent que le sang ne contient pas assez d’oxygène, un scanner permet parfois de visualiser le caillot qui bouche l’artère.

Quand le diagnostic d’embolie pulmonaire est fait, il faut rechercher une thrombose veineuse primitive périphérique responsable.

Embolie pulmonaire : les traitements

Très tôt après la survenu d’une embolie pulmonaire, il est possible d’administrer des médicaments fibrinolytiques pour détruire l’embole (caillot dans l’artère pulmonaire).

Puis des traitements anti-coagulants seront administrés par voie intra-veineuse ou par voie sous-cutanée (c’est une piqûre qui est souvent faite dans le gras du ventre avec une aiguille qui ne fait pas plus de 1 cm de long) ; l’anti-coagulant choisi est l’héparine.

Tant que l’oxygène dans le sang n’est pas revenu à un niveau correct, le patient est sous oxygénothérapie : soit avec 2 petits tuyaux posés au bord des narines et maintenus par un sparadrap, soit avec un masque.

Le traitement par héparine est relayé par d’autres anti-coagulants, les anti-vitamines K qui sont des comprimés à avaler. Le traitement durera plusieurs semaines.

Quand une personne est sous anti-coagulants, il est indispensable de vérifier régulièrement les temps de coagulation sur des échantillons de sang. Il faut que le traitement soit efficace mais pas trop, car à ce moment-là le patient risquerait de faire une hémorragie sévère.

Il arrive qu’une intervention chirurgicale soit nécessaire : une embolectomie est parfois effectuée dans les services de pointe ; le chirurgien va enlever l’embole.

Quelquefois, une thrombo-phlébite veineuse des membres inférieurs ne peut pas être traitée, des thrombi (caillots) se détachent régulièrement dans le réseau veineux et créent des embolies pulmonaires récidivantes ; alors un filtre peut être posé sur la veine cave inférieure (celle qui ramène le sang des membres inférieurs vers le coeur) pour éviter les récidives.

Embolie pulmonaire : sources et notes

> Bova C GF et al. Diagnostic utility of echocardiography in patients with suspected pulmonary embolism. Am J Emerg Med 2003.

> Roy PM et al. Appropriateness of diagnostic management and outcomes of suspected pulmonary embolism. Ann Intern Med 2006 ; 144 : 157-64.

Yorum yapın